Ah Dame ! Heureusement qu’elles étaient là !

Publié le par nous-en-boischaut-sud

Aout 14 : la guerre ! On s’y attendait un peu. Mobilisation générale : les hommes partent tout de suite, on ne pensait pas que ça irait aussi vite. Les chevaux, les bœufs sont réquisitionnés, mais comment on va faire ? Heureusement il n’y a plus que la moisson à terminer, les hommes seront bien revenus pour les labours (en vainqueur, bien sûr). Mais cette chose là, on sait quand ça commence mais on ne sait pas quand ça s’arrête !

Sur la scène de la salle des fêtes de Chassignolles le 8 novembre, deux familles paysannes, des femmes, un vieux et des enfants. Le vieux, il est bien volontaire pour tout faire mais tout le monde sait bien qu’il ne peut pas et personne ne le prend au sérieux ; les enfants, ce ne sont que des enfants. Et puis, il y a même des femmes qui ne s’occupent guère du travail à la ferme pour jouer les infirmières à la ville. Alors ! A la veillée, on fait des bandages et de la charpie.

Ah Dame ! Heureusement qu’elles étaient là !

La vie est désormais rythmée par le garde-champêtre qui lit les annonces officielles et par l’attente du facteur. Les femmes sont tout de suite appelées à suppléer les hommes, non seulement à la campagne mais aussi en ville, dans les usines, même pour conduire les bus.

Ah Dame ! Heureusement qu’elles étaient là !
Ah Dame ! Heureusement qu’elles étaient là !

Et la guerre qui ne s’arrête pas. On ne peut plus vivre sur les stocks, les pénuries arrivent. Par contre ce qui n’arrivent pas, ce sont les lettres des hommes. Et puis les drames viennent, les angoisses s’avivent.

Ah Dame ! Heureusement qu’elles étaient là !

Arrivent également les lettres de prisonniers qui donnent une autre vision de la guerre, la guerre vue de chez l’ennemi car, la plupart de nos prisonniers de guerre travaillent dans des fermes allemandes et se trouvent avec les mêmes problèmes qu’en France ; sentiment renforcé par l’arrivée de quelques prisonniers allemands dans nos fermes. Ils nous ressemblent tant !

Enfin la victoire, le retour des hommes et des prisonniers et, le 13 novembre 1918, deux jours tout juste après l’armistice, l’annonce officielle remerciant les femmes de leur travail et leur demandant instamment de retourner dorénavant à leurs occupations d’avant guerre. Comme si de rien n’était !

Ah Dame ! Heureusement qu’elles étaient là !

Ce spectacle basé sur des documents authentiques aurait dû être d’une grande tristesse et pourtant on n’arrête pas de rire ; la raison : le talent des « Gâs du Berry » pour interpréter les scènes de la vie rurale de l’époque. Groupe que l’on retrouve ici dans des rôles un peu inhabituels pour eux : sans musique et sans danse, rien que du théâtre ! A noter également la participation dans le rôle du maire de Chassignolles, lors de la scène de l’inauguration du monument aux morts, de … Mme le maire de Chassignolles !

Ah Dame ! Heureusement qu’elles étaient là !
Ah Dame ! Heureusement qu’elles étaient là !

Cette pièce a reçu le label "Centenaire 14-18"

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