Tapisserie d'Aubusson et nougat de Gouzon

Publié le par nous-en-boischaut-sud

C’est un car complet : 50 personnes, toutes adhérentes à l'association CHATEAUMEILLANT-NATURE, qui a démarré de la place du marché de Châteaumeillant, ce mercredi 15 mai, à destination d’Aubusson.

 Partis à 7h30, nous avons eu le temps d’admirer, avant toute visite, la vieille ville, ses rues étroites et ses maisons cossues,  signes de la prospérité de cette ancienne cité, même si, ce matin là,  le ciel n’était pas avec nous.

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Mais l’objectif de notre voyage était évidemment de voir les vestiges de cette industrie pour laquelle le nom d’Aubusson est connu dans le monde entier : la tapisserie.

Nous nous rendons à la Manufacture Saint- Jean, la dernière manufacture de tapisserie encore en activité, où nous sommes accueillis au milieu des écheveaux de laine de toutes couleurs pour commencer la visite.

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Avant de parler de la tapisserie, il faut parler du carton, idée de la tapisserie, auxquels les plus grands artistes ont apporté leur contribution. Ainsi Lurçat, après la 2ème guerre mondiale, a redonné vie à Aubusson par la qualité de ses cartons novateurs.

 La tapisserie est réalisée sur l’envers,  d’après le carton, donc la tapisserie finie ne sera pas identique au carton,  mais son image dans un miroir, comme le montre le carton du coq, à gauche, et la tapisserie réalisée, à droite ; l’artiste dessinant le carton doit s’adapter à cette contrainte.

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Dans les tapisseries anciennes, chaque fabrique se distingue par la couleur de la bordure, pour Aubusson, c’est le bleu (le marron pour les voisins de Felletin) donc toutes les tapisseries d’Aubusson anciennes sont bordées de bleu (pour les tapisseries modernes, le nom Aubusson est indiqué sur  l’envers de la tapisserie).

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Les tapis sont réalisés en 6 exemplaires : 4 pour la vente et 2 pour le créateur.

 Un m2 de tissage demande 1 personne pendant un mois et demie de travail.

Pour les couleurs, Lurçat utilisait toujours les mêmes gammes pour tous ses cartons. Pour les cartons des créateurs d’aujourd’hui, il est nécessaire d’effectuer des mélanges de couleurs pour obtenir le rendu exigé.

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Pour la restauration des tapisseries anciennes, les couleurs des laines sont recherchées au fur et à mesure de l’avancement du travail.

Tous les tapis d’Aubusson modernes sont en laine, les tapis anciens peuvent incorporer de la soie.

 La première étape est donc la teinture de la laine. Lorsqu’une teinture est faite, une production supérieure aux besoins immédiats est réalisée et une partie est stockée pour les réparations ultérieures, ainsi la couleur évolue de façon identique sur la tapisserie et sur le stock. Les écheveaux de laine sont mis en bobine avec des moyens artisanaux.

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Deux types de tapis peuvent être réalisés à l’atelier SAINT-JEAN : savonnerie aux points noués (appelé ainsi car le premier tapis de ce genre a été crée dans une ancienne usine de savons)   et tapis ras réalisé en tissage.

Démonstration du tapis type savonnerie, ici en haute lisse. Après la réalisation des nœuds, une opération délicate est l’égalisation du tapis aux ciseaux (le velours) ; le relief entre les couleurs est donné par un coup de ciseau final évidemment très précis.

 

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Ci-dessous est présenté la copie d’un tapis actuellement au château de Compiègne – sa dimension  est de 5,70 sur 5.90 mètres – il comporte 62500 nœuds et a demandé 5 ouvriers pour 7 mois de travail.

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Maintenant voici la démonstration de la réalisation d’un tapis ras, ici sur un métier à tisser en basse lisse ; dans cette technique, le motif est réalisé avec les fils de chaine.

Toutes les compétences pour chacune des techniques de réalisation des tapis sont rassemblées à Aubusson. Malheureusement,  l’atelier n’a aujourd’hui aucune commande en fabrication ; c’est donc dans des ateliers immenses mais vides que nous circulons (à peine 10 ouvriers contre 600 à sa création en 1762).

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La vie de l’atelier Saint-Jean repose donc actuellement uniquement sur la restauration de tapis anciens.

Là, c’est le règne de l’aiguille : les fils de trame sont reliés aux fils de trame d’une partie saine tandis que la chaine est reconstituée comme un vulgaire reprisage de chaussette, mais en respectant les couleurs bien sûr !

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Et parmi les tapis à restaurer, certains semblent vraiment en mauvais état !

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Quittant la restauration, nous passons devant l’atelier du peintre (lui s’intéresse aux cartons), pour rejoindre la présentation des tapisseries.

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Les premières tapisseries d’Aubusson datent du 16ème siècle. Un exemple est présenté ; il ne s’agit que d’un fragment : la tapisserie a été découpée et il est impossible de la restaurer.

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Parmi les dernières productions de l’atelier,  on retrouve des tapisseries destinées au Moyen Orient, tandis que des artistes contemporains s’intéressent toujours à cette forme d’art : ici, une création de Sonia RYKIEL.

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D’autres utilisations plus marginales existent également. Ainsi lors de son mariage, la fille du propriétaire de l’Atelier Saint Jean portait une robe en tapisserie.

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C’est ainsi que nous quittons Aubusson et sa manufacture, avec un sentiment un peu mitigé : une tradition artisanale de très grande classe, mais également en très grand péril  -  Aubusson attend son nouveau Lurçat. Au revoir Aubusson !  Sur le haut de la vallée de la Creuse, nous découvrons son église et les ruines de son château.

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L’heure du pique-nique venue, et compte tenu de la météo, nous avons grandement remercié les organisateurs de nous avoir trouvé un endroit abrité pour déjeuner : la salle polyvalente de GOUZON était parfaite.

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Après ces nourritures terrestres, un coup d’œil à l’église de GOUZON avant de retrouver le « Délice des Abeilles » et sa fabrique de nougat.

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Pour trouver l’atelier ? Facile ! il suffit de se repérer avec le ballon, placé là, avec un certain sens de la communication, bien visible de la voie rapide toute proche.

Nous voilà, tête revêtue de notre charlotte, prêt pour la visite des ateliers, mais là, pas de photos, c’est interdit !

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De la production de miel et de pain d’épice, l’entreprise a pris tout son essor avec la fabrication du nougat. La recette du nougat : vous faites cuire des sucres, ici beaucoup de miel, jusqu’à 23% du produit fini, c’est ce qui fait la qualité, vous versez ces sucres dans du blanc d’œuf monté en neige et vous ajoutez amandes, fruits … selon votre goût. Bien sûr il reste les temps et températures de cuisson à régler.

Pour la commercialisation, il faut en plus toute une chaine de moulage, de découpe et d’emballage du produit. Le « Délice des Abeilles » a toute une série de machines, récentes ou moins, mais toujours très performantes.

 

Le produit de base est donc le miel, l’occasion de parler des abeilles dont la population souffre beaucoup depuis de nombreuses années. A cela, trois raisons majeures : les pesticides, les parasites et sans doute le dérèglement climatique ; une quatrième pointe son nez : le frelon asiatique mais il est encore peu présent en Creuse. Malgré ces menaces sérieuses, peu de choses sont faites pour cette filière dont le poids économique est trop faible.

Mais assez parler de sujets tristes, la visite se termine par une dégustation comme il se doit, et là, les sourires reviennent. Nous laisserons-nous tenter ……………. ?!

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Vous pouvez retrouver davantage d'images de cette sortie avec le lien suivant : link


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