Festivielle au Chatelet en Berry

Publié le par nous-en-boischaut-sud

Un bel après-midi d’été, une place ombragée devant l’abbaye de Puyferrand, Festivielles commence dans d’excellentes conditions, ce dimanche 11 aout.

Comme entrée en matière, le duo Lémoano (attention à la prononciation), moins de quarante ans à eux deux, à la vielle et à la cornemuse, ils nous interprètent magistralement polkas, mazurkas …, Gaston Guillemain, à qui est dédié ce festival, peut être rassuré, la transmission est assurée.

Festivielle au Chatelet en Berry

Puis nos duettistes sont rejoints par un groupe, tous des musiciens accomplis issus des conservatoires, pour former Bandabérot, et l’on passe de la musique pure au véritable groupe de musique folk. Et là, ça bouge ! Ils puisent leur inspiration dans le répertoire traditionnel du Nivernais où la Loire est très présente.

Festivielle au Chatelet en Berry

Nous repassons à la musique instrumentale avec Albert et Joseph Trio pour une polyphonie de cornemuses de longueur, donc de tonalités différentes, mettant bien en valeur le bourdon de la cornemuse, qui sert de base à la mélodie.

Festivielle au Chatelet en Berry

Après la pause, et l’incitation à passer à la buvette, les Frères Paris entrent en scène pour un duo de cornemuses, en particulier les 20 pouces au son particulier. Et là encore, après avoir fait montre de leur virtuosité, c’est tout un groupe qui les rejoint pour former « Vent de Galarne ». Encore un exemple de l’articulation entre les virtuoses de la musique traditionnelle et les groupes de musique folk « modernes ».

Festivielle au Chatelet en Berry

Le vent de Galarne, en Bourbonnais n’est pas toujours apprécié, c’est un vent froid du nord ouest, mais les bateliers l’aiment bien car il leur permet de remonter l’Allier. Et « Vent de Galarne » avec son répertoire traditionnel et contemporain nous entraîne sur la Loire et sur l’Allier ainsi que sur des mers plus lointaines.

Festivielle au Chatelet en Berry

Pendant ce temps, la chapelle St Blaise, dans l’abbaye de Puyferrand, propose une exposition sur Jules Devaux à l’occasion du centenaire de sa naissance. Vielleux et chanteur, il écume villes thermales et lieux de villégiature, joue à peu près tout avec sa vielle pour répondre à la demande des clients et comme disait Gaston Guillemain, qui l’a formé : « Il sait faire tomber les sous ».

Festivielle au Chatelet en Berry

Le contraste est saisissant entre ces vielleux de l’ancienne génération, virtuoses de leurs instruments, travaillant leur art en solitaire et la nouvelle génération, musiciens accomplis, pouvant passer d’un instrument à l’autre, travaillant en groupe et ouverts sur les musiques du monde. Le monde a beaucoup changé, la musique traditionnelle peut-être encore plus ; étonnant, non ?

Le spectacle se termine par un hommage sur la tombe de Gaston Guillemain, dans le cimetière tout proche : « Quand ma vielle se taira, il faut qu’on entende d’autres vielles … Que mon sommeil soit bercé par ces airs que j’ai tant aimés » G. Guillemain. Une aubade lui est rendue par tous les musiciens présents et plus particulièrement par notre jeune duo Lémoano avec quelques mots de Bernard Jamet.

Festivielle au Chatelet en Berry

Festivielles a rassemblé un magnifique plateau, avec les groupes phares de nos cousins du Nivernais, dans la mouvance de la Cie Bérot (avec Lémoano et Bandabérot) ainsi que du Bourbonnais, dans la mouvance de la Chavannée (avec les frères Paris et Vent de Galarne) ; la plupart des membres de ces groupes présents font partie de la fine fleur des musiciens trad d’aujourd’hui.

Et cette année, les cornemuses ont dominé les vielles.

Berry, Bourbonnais, Nivernais forment une vraie famille avec des liens culturels forts ; des manifestations telles que Festivielles permettent de les resserrer encore.

A l’année prochaine les amis.

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