Chez Léonard de Vinci avec Châteaumeillant Nature
Après un peu plus de deux heures trente de voyage le car affrété par Châteaumeillant Nature arrive vers 9h30 à Amboise ce 9 septembre. Au Clos Lucé nous sommes reçus par deux guides pour une visite de la demeure où vécu Léonard de Vinci.
Ce petit château, ou grande demeure de style Renaissance est un mélange harmonieux de briques et de pierres, où la brique domine. C’est à l’origine un château fortifié dont la galerie extérieure est le vestige du chemin de ronde du château d’origine. Le château se prolonge par un très grand et magnifique jardin à l’anglaise avec des arbres impressionnants.
A l’intérieur nous découvrons deux belles chambres très bellement meublées, d’abord celle de Marguerite d’Angoulême, femme de lettre, sœur ainée de François 1er ; au mur son buste et son portait par François Clouet ; au sol les tomettes sont à son chiffre, les plafonds peints sont magnifiques.
La seconde chambre est celle de Léonard de Vinci où il mourut le 5 mai 1519. Un tableau représente Léonard de Vinci mourant dans les bras de François 1er (alors que le roi était à Saint Germain en Laye à cette date). Dans la pièce un très beau cabinet à secrets incrusté d’ivoire, d’ébène et de nacre.
De la chambre de Léonard de Vinci, une belle vue donne sur le château d‘Amboise où résidait le roi
L’oratoire est celui d’Anne de Bretagne où elle venait pleurer la mort de ses dix enfants sur les douze auxquels elle a donné naissance, le lieu est dédié à la Vierge Marie. La clé de voûte est décorée de trois fleurs de lis, symboles de la royauté et de la Trinité.
Nous passons dans l’atelier du peintre avec un tableau sur lequel il a travaillé ici (La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne) ainsi qu’un codex écrits de droite à gauche en vieux toscan pour être lus dans un miroir (le livre le plus cher du monde, évidemment ici ce ne sont pas les originaux !).
Dans la grande salle Renaissance est une copie de la Joconde dont notre guide nous fait une lecture détaillée. Qui avait remarqué que la Joconde (Lisa del Giocondo de son vrai nom) était appuyée sur une balustrade et portait un voile ? Le mystère du regard serait dû au fait qu’elle regardait son enfant qui venait de naitre.
Dans la cuisine, avec au-dessus de la porte des plats en dinanderie en laiton, la table est décorée de sucrerie, luxe à l’époque.
Avec la salle des maquettes nous entrons dans le génie créatif de Léonard de Vinci. Les maquettes ont été réalisées d’après les dessins de Léonard. On passe de l’art militaire, à l’hydraulique, de la mécanique à l’aéronautique. Certaines inventions fonctionnent (pont tournant, vis d’Archimède pour l’hydraulique), pour d’autres l’idée est bonne mais un détail cloche (souvent l’énergie suffisante pour les faire fonctionner), pour d’autres enfin les inventions sont pour le moins inadaptés (char avec chargement des canons par l’extérieur).
Après cette visite de l’intérieur du château une visite des magnifiques jardins s’impose. Nous y retrouvons certaines des inventions reproduites en grandeur nature mais nous manquerons de temps pour une visite détaillée : il est midi et nous devons nous diriger vers le restaurant.
Direction « La Cave aux Fouées » quelques centaines de mètres plus loin : un restaurant troglodytique creusé dans le tuffeau, pour manger les fouées, spécialité de la maison : petits pains cuits au feu de bois et servis chaud. Un menu simple mais bon, servi dans l’ambiance particulière d’une cave.
Encore quelques centaines de mètres pour la visite de la cave Ambigas, là encore une cave creusée dans le tuffeau, mais cette fois pour y conserver le vin. Après une brève introduction sur la fabrication du vin (mais ça, à Châteaumeillant, on connait !) on nous propose une petite leçon d’œnologie avec la découverte des arômes. La plupart des arômes qu’on nous fait découvrir, on les connait, mais pour mettre un nom dessus c’est une autre histoire ! Ensuite lors de la dégustation, peu de gens les retrouveront dans le vin.
Puis nous reprenons le car pour la deuxième visite du programme : une découverte du château de Chenonceau en bateau, vu du Cher. C’est parti pour une mini-croisière.
Le Cher est un cours d’eau au débit très variable, il n’est navigable que sur une soixantaine de km, là où des écluses ont été installées. Une écluse est justement là, en amont et à côté d’elle un barrage à aiguilles et le déversoir. Etonnant ce barrage à aiguilles où des aiguilles (madriers) amovibles placées côte à côte permettent de barrer le cours de la rivière ou, au contraire, de libérer le passage de l’eau et ainsi réguler le débit.
Depuis le bateau on découvre successivement les différentes phases de construction du château, depuis le château fortifié sur la rive droite qui s’est transformé en moulin fortifié, jusqu’ à ce que Diane de Poitiers en hérite et fasse construire un pont pour relier l’autre rive. Puis Catherine de Médicis fait édifier deux galeries superposées sur le pont et le château acquiert sa physionomie actuelle.
Un pavillon aurait dû être construit sur la rive gauche, mais les fonds ont manqué, il ne le sera jamais, les pierres d’attente sont toujours en place.
Nous passons sous les galeries, il parait qu’il faut faire un vœu ! Une vue de l’autre côté du château et on fait demi-tour.
Ce château a été très sollicité pendant les deux guerres mondiales ; lors de la guerre de 1914-18, son propriétaire, Mr Meunier (oui, les chocolats !) l’a transformé en hôpital militaire. Lors de la seconde guerre mondiale le château était sur la ligne de démarcation. La galerie a servi à faire passer clandestinement des réfugiés d’un côté à l’autre de la frontière mais cette galerie était particulièrement surveillée et ce n’était pas facile. Notre guide nous raconte une autre technique utilisée : on relevait les aiguilles du barrage amont et on enlevait les aiguilles de barrage aval ; le niveau de la rivière baissait et le passage à gué devenait possible à certains endroits !
Et nous revoici à notre point de départ. Nous descendons du bateau pour rejoindre le car qui nous attend : direction Châteaumeillant. Nous y arriverons vers 19h30.
Ce fut une belle journée au cours de laquelle la pluie nous aura épargné.
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