Sortie de résidence théâtrale à Châteaumeillant
Ce 20 septembre, au Pôle de l’étang Merlin à Châteaumeillant, était présenté le spectacle de sortie de résidence de la « Cocotte Collective », compagnie évoluant dans la mouvance de la « Compagnie des Trois Parques » basée à Rezay. Le spectacle « J’ai peur de devenir une chose qui creuse la terre » est une adaptation de la pièce de Nadège Prugnard « Putain de route de campagne ».
Voilà un texte très fort sur la ruralité. Il raconte le Cantal mais ce pourrait tout aussi bien être notre Boischaut. Dans cette campagne profonde, c’est un monde qui fonctionne en vase clos avec peu d’interaction avec la ville, un monde plein de frustrations où le coiffeur s’appelle Shakespeare faute d’avoir pu mener son rêve d’être acteur, un monde en train de mourir. Un monde aussi qui rejette à priori l’autre, par crainte sans doute de ce qu’on ne connait pas, et pour lequel l’alcool est une consolation.
Et puis il y a la Parisienne qui s’est quand même fait sa place ici. Elle offre un contrepoint ; elle constate « ici c’est sublime mais c’est très dur ! » mais elle constate aussi que dans ce monde « on ne laisse personne dans la merde ». Et puis, note-elle, Paris a lui aussi son Cantal, Paris a aussi sa misère.
Et puis il y a le politique, lien entre les deux mondes, qui tente de surfer touristiquement sur ce « ici c’est sublime » ; un discours qui semble quelque peu creux et convenu. Quelques relents d’écologie s’immiscent « la terre ça meurt aussi », mais ce relent semble encore très léger.
Ce monde rural qui nous est montré dans cette pièce, est-il vraiment celui d’aujourd’hui ou est-ce le monde du siècle précédent dont il en reste encore quelques traces… pour le meilleur et pour le pire sans doute. Mais le monde rural change beaucoup lui aussi !
Notre « Cocote collective » s’est emparée de ce texte et à Châteaumeillant. C’était sa première résidence. Avec surprise, nous nous retrouvons ici avec une mise en scène déjà très aboutie, étonnamment maîtrisée pendant les 45 minutes de spectacle.
Sans doute faudra-t-il encore quelques ajustements pour que le spectacle maintienne le rythme et introduise les respirations nécessaires sur la durée, mais nous avons été époustouflés. Nos actrices, dont la qualité est irréprochable, ont la lourde tâche de faire passer un texte constamment dense, heureusement la voix off aide !
Nous sommes vraiment très impatients de retrouver bientôt la version définitive de cette pièce ! A Châteaumeillant ?