Les réfugiés espagnols à Ste Sévère avec l’Oreille à Plumes
A la fin de la guerre d’Espagne, Ste Sévère a pris sa part dans l’accueil des réfugiés en accueillant la 100ème Compagnie de Travailleurs étrangers. A l’occasion de la commémoration du 50ème anniversaire de la fin de la dictature franquiste, la compagnie théâtrale de l’Oreille à Plumes a évoqué ce fait d’histoire locale lors d’une déambulation dans les rues de Ste Sévère les 17, 18 et 19 juillet.
Se basant sur des témoignages, venant en particulier de descendants de réfugiés espagnols implantés dans la région, l’exil de ces hommes et femmes a été mis en scène en se tenant au plus près de la dimension humaine de ce drame.
Car des drames ils en ont vécus ! Toujours prendre des décisions cruciales dans l’urgence ; l’arrivée à la frontière française : continuer le combat ou se laisser désarmer ? Dans les camps à Argelès, à Gur : continuer le combat ou répondre à la demande de main d’œuvre de la France, s’intégrer dans les compagnies de travailleurs étrangers ou rejoindre la légion ?
Car des drames ils en ont vécus ! Toujours prendre des décisions cruciales dans l’urgence ; l’arrivée à la frontière française : continuer le combat ou se laisser désarmer ? Dans les camps à Argelès, à Gur : continuer le combat ou répondre à la demande de main d’œuvre de la France, s’intégrer dans les compagnies de travailleurs étrangers ou rejoindre la légion ?
Puis, arrivés à Ste Sévère, au camp ouvert du Boisrond. Il faut se faire accepter par cette population à priori peu favorable à l’arrivée de ces « rouges ». Match de foot avec l’équipe locale, spectacle avec une fête espagnole, sous l’œil méfiant des autorités françaises qui veillent scrupuleusement à l’absence de contenu politique, le succès sera au rendez-vous.
De la place de la halle, au parc du château, de la place de l’église à quelques belles maisons anciennes de Ste Sévère et à la halle, la Compagnie de l’Oreille à Plume nous fait suivre le périple de cet exil sans fin de ces réfugiés espagnols, toujours tiraillés entre rester ou retourner, combattre ou attendre le moment propice… Et toujours vivant ce climat de tensions et de violence, avec la présence de mouchards, qui n’est pas que fantasmée ! Mais dans leur tête est toujours présente l’image de l’ours qui se libère de ses chaines pour retrouver la liberté dans les Pyrénées.
Finalement beaucoup de ces réfugiés espagnols rejoindrons la Résistance, notamment à Beddes où ils seront un élément essentiel pour structurer le maquis … et notez bien que les premiers chars qui pénètreront dans Paris lors de sa libération seront menés par des réfugiés espagnols !
Quelques uns s’implanteront dans la région mais finalement ils parleront peu de leur expérience. Il faudra attendre la génération suivante. Le contact avec les immigrés espagnols des années 60 seront frais : les expériences ne sont pas les mêmes, la vie n’est plus la même.
Ainsi se termine cette brillante déambulation de la Compagnie de l’Oreille à Plumes dans les rues de Ste Sévère, pour un coup de projecteur sur l’épisode des réfugiés espagnols du camp des travailleurs étrangers.
Mais à titre personnel, l’histoire des réfugiés espagnols en Berry renvoie à l’un d’entre eux : Cisco (Francisco). Venant probablement de Ste Sévère et arrivé un jour de Mardi Gras dans la ferme de petits paysans du Boischaut, il a par sa gentillesse, sa bonne volonté et toute son humanité laissé une trace indélébile dans notre histoire familiale.