Noirlac, le bocage, le Cher, les guêpiers
Une sortie nature était organisée à Noirlac le 29 juillet avec pour thème : le bocage et la rivière, mais chacun savait bien que l’attraction principale au bord du Cher à cette époque est l’observation des guêpiers. Dès notre arrivée sur le parking nous avons su qu’ils étaient au rendez-vous grâce à leurs cris omniprésents.
En fait les guêpiers ne chantent pas vraiment, ils poussent des cris d’appel : « je suis là, où es-tu ? ». Ce sont des animaux sociaux, ils vivent en groupe, la séduction ne se fait pas par le chant mais par la couleur du plumage et par les offrandes. Dans le ciel les guêpiers se déplacent avec une alternance de vols battus et de vols glissés.
Mais du parking de Noirlac les guêpiers sont bien trop haut dans le ciel pour une bonne observation. Nous essaierons de les approcher, mais pour cela nous allons parcourir le bocage qui s’étend entre les deux cuestas qui bordent la rivière du Cher. Entre ces deux côtes s’étale un paysage de bocage : prairies entourées de haies, favorable à l’élevage et source d’une grande biodiversité.
L’abbaye de Noirlac a été construite à la limite du lit large du Cher, où le risque d’inondation devient négligeable. En avançant vers la rivière, des mares non permanentes servent pour abreuver les animaux.
Un peu plus loin nous arrivons à des mares quasi permanentes. Consultant des cartes d’état-major du 19ème siècle, on constate que ces mares étaient alors un bras de la rivière Cher qui aujourd’hui est partiellement asséché. Ces mares sont recouvertes de lentilles d’eau ; l’eau en est très noire (c’est probablement l’origine du nom de Noirlac) à cause de la décomposition lente des végétaux. Malgré tout ces mares avec leur eau stagnante abritent une grande biodiversité mais il n’y a pas d’abondance de moustiques, les larves sont vite mangées !
Près de la mare on rencontre libellules et demoiselles : comment les reconnaitre ? Au repos les libellules replient leurs ailes, au contraire les demoiselles les laissent écartées. Les larves de ces deux insectes se développent dans l’eau et au dernier stade larvaire elles sortent de l’eau. La libellule se pose alors sur un brin d’herbe pour se séparer de son enveloppe (exuvie) elle reste alors sur son support pour faire sécher ses ailes. Et on peut retrouver ces fragiles exuvies accrochées sur le brin d’herbe.
A côté de la mare se trouve des troncs d’arbres morts percés de trous, c’est l’œuvre du grand capricorne. Il se développe sur les vieux chênes et consomme le cambium et le liber. Il n’est donc pas présent dans les charpentes et les menuiseries mais peut causer des dégâts importants sur les chênes vivants.
En nous approchant de la rivière, les guêpiers sont de plus en plus nombreux dans le ciel et leurs cris de plus en plus forts ; on observe également beaucoup de milans noirs qui tournoient. Ces derniers ne vont pas tarder à quitter notre région pour rejoindre l’Afrique du Nord.
Les guêpiers ont installé leurs nids en haut de la falaise sableuse qui domine la rivière de façon à être à l’abri des crues et des prédateurs. Par contre, nous ne pourrons pas nous en approcher : un troupeau avec taureau occupe le pré ! Nous pourrons faire les observations à la jumelle et à la longue vue mais nous ne pourrons pas faire de photos correctes.
Le guêpier a à peu près la taille d’un merle (mais est deux fois moins lourd), il est remarquable par ses couleurs. Arrivé chez nous vers le mois d’avril il a creusé son nid avec son bec et ses pattes : un trou de plus d’un mètre de profondeur dans la falaise pour y faire son nid. Avec ce travail il y a usé son bec !
Il règne en ce moment une activité intense autour des nids, sans doute pour l’alimentation des petits. Le guêpier se nourrit de gros insectes qu’il chasse au vol. On peut le voir à l’affut sur un arbre mort ou sur un poteau levé, pour avoir une vue dégagée.
Nous pourrions rester des heures à regarder le ballet de ces magnifiques oiseaux !
Néanmoins nous continuons notre balade au bord du Cher. Sur la berge deux ormes lisses ont résisté à la graphiose. Mais on voit aussi la trace du passage des castors : des troncs taillés d’un seul côté ou en crayon si l’arbre est trop gros de façon à le faire tomber.
Les castors ont maintenant recolonisé l’ensemble des fleuves français.
Pour revenir vers le parking nous empruntons ces chemins bordés de trognes, avec leur forme si particulière due à l’abattage des branches dont le feuillage a servi à nourrir les animaux.
Nous ne pouvons pas quitter Noirlac sans faire un tour dans l’abbaye : une autre vue de la nature apprivoisée par l’homme avec le jardin du cloitre et la grande allée de tilleuls multi-centenaires.
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