André : une vie de poilu, à Verneuil

Publié le par nous-en-boischaut-sud

Un paquet de lettres trouvé en vidant la maison de la grand-mère, une photo mystérieuse, beaucoup de recherches et quelques trous à combler, Raphaël Olivier reconstitue pour nous une période de la vie d’un poilu, nous conte des instants de drame. Olivier Legrand à la cornemuse et au bodhran (tambour irlandais) apporte une respiration au conte. C’était à la salle des fêtes de Verneuil le 8 novembre à l’initiative des « Amis du Petit Coudray ».

Les instants de vie, ce sont ceux d’André, son arrière grand-père, parti à la guerre en 1915. Et on ne part pas la fleur au fusil en 1915 (d’ailleurs est-on parti la fleur au fusil en 1914 dans nos campagnes ? Ce n’est pas ce qu’indiquent nos mémoires familiales) ! C’est André avec toute son humanité qui surgit par le truchement de Raphaël Olivier, André enraciné dans sa culture paysanne mais avec son envie de promotion sociale qu’il a déjà bien engagée du côté de la préfecture.

  André : une vie de poilu, à Verneuil  André : une vie de poilu, à Verneuil

Raphaël Olivier nous plonge dans la guerre à l’humble niveau du soldat, avec sa camaraderie à la solidité indéfectible soudée dans les épreuves, les longues périodes d’attente dans les tranchées, propices aux rêveries du monde qu’on a quitté. Et puis, il y a les assauts, l’angoisse et l’horreur : le chemin des Dames, Verdun… Olivier Legrand soutient le récit avec la musique et quand l’ambiance est trop lourde, l’émotion trop forte, la cornemuse permet de relâcher un peu la tension.

  André : une vie de poilu, à Verneuil  André : une vie de poilu, à Verneuil

Dans les tranchées, il y a les lettres qu’on écrit, ce que l’on dit et ce qu’on ne dit pas à cause de la censure ou pour ne pas inquiéter davantage ceux qu’on aime. Il y a les lettres qu’on écrit à sa famille et celles qu’on écrit pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’acquérir suffisamment d’instruction pour le faire eux-mêmes mais dans lesquelles on se projette aussi un peu. Dans le lot, Raphaël découvrira une lettre contrecollée avec d‘un côté la lettre officielle qui peut passer la censure et de l’autre côté ce que l’on veut vraiment dire ; étonnant !                                                       

Il y a les transferts en train d’un front à un autre qui font voir l’étendue des destructions, le paysage innommable aux abords du front : cadavres de chevaux, d’humains. Comment résister ? On parle de simulateurs, de mutineries ; la répression de la hiérarchie militaire est atroce. Alors on boit pour s’abrutir, on fume pour chasser les odeurs, on est devenu des bêtes.

Cornemuse s’il vous plait, merci !

  André : une vie de poilu, à Verneuil

Et puis il y a l’assaut de trop, le 2 aout 17. Le capitaine qui abaisse son bâton, les coups de sifflets… Et puis l’ambulance, les soins de la dernière chance, et puis…rien.

  André : une vie de poilu, à Verneuil

C’est un texte très puissant que nous propose Raphaël Olivier. Il nous met face à la réalité brute de la guerre. Ce texte a fait l’objet de tant d’heures de travail que Raphaël Olivier s’identifie totalement au personnage, son incarnation d’André est parfaite. L’émotion est palpable dans la salle.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article