De l’histoire de St Chartier à l’origine du festival du Son Continu

Publié le par nous-en-boischaut-sud

Une balade contée était organisée autour de St Chartier ce 4 juillet dans le cadre des festivités pour le cinquantenaire du festival des luthiers ; une balade dans l’histoire de St Chartier qui fut à l’origine de ce festival avant de migrer en 2008 au château d’Ars.

Ce fut une journée riche d’informations diverses et intéressantes.

Accompagnés en fanfare par « Les Gâs du Berry », nous faisons un saut de puce de la place de l’église au parc de la maison Viviani, juste de l’autre côté de la rue, pour un premier arrêt.

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Gérard Guillaume  nous raconte l’histoire de St Chartier :

Saint Chartier aurait été fondé par  Casterius, un ermite du 6ème siècle puis l’abbaye de Déols y implante un prieuré et ensuite un château est construit.

Les seigneurs de St Chartier évoluent dans la mouvance des Princes de Déols avec Alard de Guillebault aux 11ème-12ème siècles puis, à la fin du moyen âge, avec la famille Chauvigny. Sous Napoléon, le château appartient à Chabrillant chambellan de l’empereur. Pour éviter que le château ne soit réquisitionné pour héberger des prisonniers espagnols, atteints de typhus, il fait enlever la toiture ! C’est dans cet état de ruines que l’a connu George Sand et auquel elle fait référence dans son roman des Maîtres Sonneurs.

Et voilà Mic Baudimant avec ses dictions locaux évoquant St Chartier : «Méfiez-vous des chemins de St Chartier, des femmes de La Châtre et de la justice de Ste Sévère».

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Nous passons dans le champ où se situe une chapelle 19ème siècle, pour reprendre l’historique avec Gérard Guillaume.

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En 1858, Alexandre Naud rachète aux enchères les ruines du château. Voilà comment George Sand décrit le personnage : « Tout à coup apparait un personnage de comédie, sale et troué que l’on prend pour un mendiant et qui sort 250.000 francs de sa poche ». Le château est transformé par l’architecte Dauvergne dans un style du moyen-âge imaginé à la mode de Violet le Duc. Alexandre Naud finance les travaux avec l’appui de son ami Mgr Trioche, évêque de Babylone, dont certains disent qu’il aurait fait fortune dans l’exploitation de maisons closes à Marseille !!!

Alexandre Naud rachète et modernise également les tuileries de Verneuil. A sa mort, ses biens restent dans la famille puis passent aux Bodard qui les conservent jusque dans les années 1980.

Dans les années 1864-65, la famille Naud fait construire une chapelle funéraire, la chapelle Barbault, où reposent les membres de la famille ainsi que l’archevêque.

Mic revient sur les deux protagonistes principaux qui sont à l’origine des Rencontres de St Chartier:

- Michèle Fromenteau, originaire de La Châtre commence à jouer du piano puis se prend de passion pour la vielle. Elle est l’élève de Gaston Guillemain puis de Gaston Rivière. En 1964 elle s’intéresse au répertoire baroque. Elle enregistre, fait des concerts et des tournées avec différents professionnels. Elle insistera pour adjoindre une rencontre de luthiers à celle des maîtres sonneurs.

- Jean Louis Boncoeur, également originaire de La Châtre est un auteur multiforme : il est poète, comédien, conteur mais aussi organisateur de fêtes. Il a pour ancêtre un célèbre cornemuseux : Cadet Aussage dit Cadet Musette. C’est lui qui lance l’idée d’un grand rassemblement de ménestriers et de luthiers à l’occasion des fêtes du centenaire de la mort de George Sand. Cette initiative est vue d’un mauvais œil par les ménestriers locaux. Passant outre, grâce aux nombreux contacts de Michèle Fromentaux, ce rassemblement réuni toute une population européenne de ménestrier à St Chartier, du jamais vu en ce Bas-Berry !

Pierre Yves Dyé, reprenant les habits de Jean-Louis Boncoeur nous donne à entendre un de ses contes : « P’tit ange », un summum de charme et de tendresse !

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Avançant de quelques pas,  nous nous retrouvons au bord de l’Igneraie.

Gérard Guillaume nous parle des sources historiques de George Sand pour son roman « Les Maîtres Sonneurs ».

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Reprenant  l’idée de Wagner dans les « Maitres Chanteurs de Nuremberg », George Sand voulait faire un opéra sur les Maitres Sonneurs. Elle écrit un livret mais ne trouve pas de musicien pour en composer la musique, aussi le livret s’étoffera en roman.  Elle s’appuiera sur l’étude des confréries de ménestriers et sa proximité avec le compagnonnage et reprendra l’image du musicien solitaire et incompris. 

Les musiciens apparaissent dans au moins deux autres livres de George Sand : « Les légendes rustiques » et « Promenades autour d’un village ». A Nohant, George Sand reçoit beaucoup de musiciens locaux Cadet Aussage, Gabriel Aucouturier…

 Dans les journaux de l’époque, on retrouve le plus souvent les ménestriers dans la rubrique des faits divers : bagarres, ébriété. Lors de leurs prestations leur nom n’est même pas cité. La publication du roman « Les Maîtres Sonneurs » leur apporte une notoriété ; après la publication du roman, les journaux mentionneront leur nom et ils apparaitront plus dans la rubrique « artistes » que dans les faits divers !

Le roman « Les Maîtres Sonneurs » relate une opposition de culture entre Berry et Bourbonnais. Cette opposition est tout à fait fictive et a été créée de toute pièce par George Sand : ce sont deux terres de même culture, le Bourbonnais ayant peut-être été un tout petit peu moins influencé par l’extérieur que le Berry. Les différences de musique, plus grave en Bourbonnais, plus aigüe en Berry, sont tout aussi fictives et relèvent de modes ; celles-ci changent au cours du temps. Maxou Heintzen fera remarquer que l’opposition est plutôt entre enracinement et itinérance.

Nous revenons au centre du bourg de St Chartier, dans le restaurant « Le Petit Bonheur ». A l’époque le restaurant de St Chartier était « Le Bœuf couronné ». Il était la propriété de Benoit Rival. Celui-ci avait construit la route Issoudun-La Châtre et s’était retiré pour fonder ce restaurant. Il demande à  George Sand de le citer dans son roman, moyennant finance. C’est le début du sponsoring ! Ainsi le Bœuf couronné apparait au début du roman : c’est là où travaille la mère de José ; et il apparait vers la fin du roman, c’est là où se déroule la joute entre José et Carnat.

Aujourd’hui « Le Petit Bonheur/Bœuf couronné » abrite une exposition sur l’évolution du festival, avec vidéo et affiches…

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Nous passons devant un ancien appareil pour ferrer les bœufs. C’est l’occasion pour Mic d’évoquer le « pays thiaulin », là où on travaille avec les bœufs et  où on chante pour les encourager : on briole dit-on en Berry. Ces chants populaires imprégnés de réminiscence de musiques d’église sont d’une grande douceur, Mic nous en donne un aperçu vocal.

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Notre périple nous mène devant deux maisons de St Chartier ayant abrité des célébrités. Dans la première, Raymonde Vincent, prix Fémina 1937 pour son roman « Campagne » vécut très simplement de 1959 à son décès en 1985. Aujourd’hui Ronan Prévost s’attache à faire revivre son œuvre.

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Eva Brenner– réfugiée juive allemande – est née à St Chartier en 1941. Elle fit une belle carrière de chanteuse lyrique. En 1976 avec son disque « Le matin sur la rivière » on lui  décerne le titre de « plus belle voix du monde ». Sa voix est exceptionnelle (5 octaves), on peut l’entendre dans  les 2 films « Jean de Florette » et « Manon des sources ».

Enfin, nous atteignons le lavoir de St Chartier. Ce fut un haut lieu de baignade pendant les festivals ! Ce fut aussi un lieu inspirant pour « Les Gâs du Berry ». Au sortir de la 2ème guerre mondiale on assiste à un renouveau des groupes folkloriques. Edouard Bignet, instituteur à St Chartier est alors président des Gâs du Berry. En 1946, pour la première fois il embarque les filles pour une sortie du groupe à Angoulême. Il crée aussi des chansons sur des airs populaires, notamment « Au lavoir » où il se moque des papotages en ce lieu ; la chanson fut très mal vue par la population locale ; ce n’est pas une raison pour ne pas la reprendre ici !

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Pierre Yves Dyé enfile à nouveau le costume de Jean-Louis Boncoeur pour un texte de circonstance : « Sur le chemin du lavoir » qui a provoqué l’hilarité générale.

Gérard Guillaume nous entraine ensuite dans la belle église peinte de St Chartier pour une dernière découverte : Eglises peintes de Lourouer St Laurent et St Chartier

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La balade terminée nous retournons au « Petit Bonheur » pour une session irlandaise avec Romain Chéré et Zsofi Varkonyi.

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Cependant, la journée n’est pas finie. D’autres réjouissances attendent les festivaliers du jour, notamment les bals, « Greg Solo, les polyphonies du bocage, Rue Pascal », et la chaleur ne sera pas un obstacle.

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