Châteaumeillant vaut une visite

Publié le par nous-en-boischaut-sud

La connaissance de l’histoire de Châteaumeillant s’est approfondie ces dernières années avec l’intégration des découvertes archéologiques résultant des fouilles de Sophie Krausz et par les travaux (non publiés) de Jean Leproux. Les visites des 17 juillet et 14 aout, organisées par l’association Culture Patrimoine Terroir avec le soutien de la municipalité, étaient l’occasion de faire le point.

Nous sous sommes retrouvés sur la place du Dr Guyot, une quinzaine de personnes pour chaque visite, sur cette place continument urbanisée depuis 2200 ans mais dont il ne reste, en surface, aucune trace visible de sa période gauloise.

Ici, à ce qui était l’angle nord-ouest de l’oppidum gaulois, se dresse maintenant le château que beaucoup ont connu dans sa fonction de gendarmerie. Il a été construit après le raid de Louis VII détruisant l’ancien château en 1152, pour se venger du passage de la région à la couronne d’Angleterre, à la suite du remariage d’Aliénor d’Aquitaine avec le roi d’Angleterre.

Châteaumeillant vaut une visite

Devenu résidence seigneuriale, il a été du 17ème siècle et jusqu’à la Révolution l’étendard de Châteaumeillant avec sa statue de la fée Mélusine en bronze dorée qui brillait au-dessus de la tour.

A la Révolution ce château a eu quelques péripéties rocambolesques, non pas à cause de la destruction du donjon, du comblement des douves, ni  même de la transformation en canons du bronze de la statue de Mélusine, c’était dans l’air du temps, mais par la valse des scellés, posés, enlevés … la question était : ce château, bien national ou pas ?

Tout près le musée Emile Chénon nous ouvre ses portes dans le bel hôtel de Grégeuil, dont nous ne ferons que parcourir les salles, en rendant néanmoins hommage à trois de ses quatre fondateurs : E. Chénon, E. Hugoniot, J. Gourvest ; la quatrième, Sophie Krausz n’a pas voulu paraitre, sans doute par modestie.

Châteaumeillant vaut une visite

Nous retrouvons la reconstitution de la cave à amphores découverte fortuitement par Mr Gallerand dans son jardin, l’occasion de parler des amphores à Châteaumeillant et du commerce antique du vin d’Italie, mais aussi de méditer sur les idées de recyclage d’amphores qui ont pu germer dans l’esprit des Bituriges d’alors.

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La salle « gauloise » du musée nous remet dans l’ambiance de la cité d’alors, avec le passage de riches commerçants mais aussi les immenses efforts consentis pour défendre la ville face à l’avancée de Jules César, la construction du rempart massif… et tout cela pour prendre la décision finale de brûler la ville ! A cette occasion, certains visiteurs expriment le souhait d’une visite sur le site des remparts.

Et puis nous entrons dans la salle « gallo-romaine » pour parler des fouilles réalisées dans les années 2010 et la découverte des trésors : commentaires admiratifs !

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Quittant le musée, la rue coupe l’ancien rempart gaulois sans que nous nous en rendions compte. Nous faisons face à une des plus anciennes maisons de Châteaumeillant (fin 15ème début 16ème), toute simple, toute modeste, une petite maison de vigneron, charmante.

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Nous rejoignons à l’église, située totalement en dehors de la ville à l’époque de sa construction. Eglise prieurale, elle était peut-être aussi le sanctuaire de saint Genest de Châteaumeillant. Construite en pleine époque romane elle n’a rien de la petite église romane typique : sombre et sobre, elle est grande et plutôt bien décorée. Celui qui a financé la construction devait être puissant ; c’était probablement Abelard de Guillebaud, seigneur de Châteaumeillant qui fut également fondateur du prieuré d’Orsan.

A l’intérieur tous les chapiteaux, et ils sont nombreux, sont sculptés ; par contre le message qu’ils véhiculent sont devenus obscurs pour nous (lutte du bien et du mal, nous dit-on).

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Le transept comporte six absidioles (ensemble très rare). Quatre sont ouvertes et communiquent par des colonnes avec le chœur, formant un très bel ensemble.

Nous sortons de l’église par la porte sud et partons en face vers le Chemin des Prés. Au milieu du 20ème siècle cet endroit n’était pas bâti. Entre 1942 et 1944, des familles juives comptant 140 personnes se sont réfugiées à Châteaumeillant et, pour la plupart vivaient au vu et su de tous. Cependant, grâce à la complicité de la population et de gendarmes, ils échapperont aux rafles. La mairie leur avait attribué ici des jardins à cultiver. En reconnaissance de la protection de ces familles juives pendant la guerre, Châteaumeillant a intégré le réseau « Villes des Justes ». Des plaques apposées au Chapitre commémorent ces faits.

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Nous retournons vers le centre ville via un petit chemin au milieu des jardins et nous retombons sur le rempart gaulois. Au 13ème siècle, il sera prolongé au nord pour tenir compte de l’expansion de la ville. La motte féodale, partiellement cachée par la végétation, domine l’ensemble. Sur cette motte féodale était érigé le premier château de Châteaumeillant, celui qui a été détruit par le roi Louis VII en 1152.

Nous montons sur la Promenade, à l’emplacement des remparts, pour grimper sur le promontoire qui a vu la naissance de la cité et découvrons la vue sur la campagne environnante. Quelques centaines de mètres plus loin, le promontoire est percé par la Rue des remparts ; il est question là des remparts des 5ème- 6ème siècles, lorsque la ville meurtrie par le passage des grandes invasions, s’est repliée sur un espace restreint pour mieux se défendre.

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Nous revenons sur nos pas et rejoignons le Chapitre, chapelle castrale construite à la même époque et dans le même style que l’église. Au 16ème siècle cette chapelle a accueilli un chapitre de moines, le seigneur, Jean d’Albret, se réservant la chapelle sud qu’il a fait agrandir et profondément remaniée dans le style de son époque. Devenue bien national à la Révolution, le Chapitre a fait l’objet d’âpres négociations entre la commune et le département, la commune réussissant à le conserver au prix de regrettables modifications du bâti.

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C’est ici que se termine la visite de Châteaumeillant, c’est ici que la municipalité nous accueille avec un petit rafraichissement bien mérité, et c’est ici que nous retrouvons Maxime Hubert (le 17 juillet) Julien Ballaire, nouveau vigneron à Châteaumeillant, (le 14 aout) pour une dégustation de leurs vins gris et rouge.

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Merci Colette pour les photos

Merci Maxime Hubert, Julien Ballaire pour la dégustation

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