Festovillage 2017

Publié le par nous-en-boischaut-sud

C’est quoi Festovillage ? C’est du théâtre, des concerts, des causeries, étalés sur plusieurs jours : un festival quoi ! Mais un festival au village, et Festovillage, c’est à Nohant et cette année c’était du 27 au 30 juillet, à l’initiative des « Gâs du Berry ».

D’abord place au théâtre, sur une scène on ne peut plus spacieuse puisque ce n’est rien moins qu’une grande cour de ferme ! George Sand et son ami Flaubert devisent sur la triste condition des champis, ces enfants abandonnés. Une vision d’intellectuels car d’autre part le peuple s’exprime et dit bien haut tout ce qu’il pense de ce sous-prolétariat : rien que des paresseux, des voleurs … !

Festovillage 2017
Festovillage 2017

Puis le spectacle embraye sur l’adaptation du roman de George Sand « François le champi » réalisée par « Les Gâs du Berry » (indépendamment de l’adaptation réalisée par George Sand elle-même). En 25 tableaux avec pas moins de 76 acteurs sur scène, nous sommes entraînés dans l’aventure de François.  Tout au long de la pièce, notre champi réussi à s’extraire à force de bonté et de travail du mépris dont on l’entoure pour finalement récompenser et sauver du déshonneur ceux qui l’ont aidé lorsqu’il était abandonné par tous.

Festovillage 2017
Festovillage 2017
Festovillage 2017
Festovillage 2017

La mise en scène tire parti de l’étendue du lieu faisant revivre aussi bien une assemblée paysanne du 19ème siècle que la foire de St Denis de Jouhet avec âne, chevaux, bœufs, volailles et moutons ou que les scènes d’intérieurs tant dans l’auberge que dans la salle principale du moulin.

Festovillage 2017
Festovillage 2017
Festovillage 2017
Festovillage 2017

La succession de ces tableaux est entrecoupée de danses, musiques et chants berrichons, interprétés par les « Gâs du Berry », là la troupe est à son affaire, l’interprétation est de la plus belle facture.

Festovillage 2017
Festovillage 2017

Nous quittons le théâtre, très ensoleillé en ce samedi après-midi pour le « peliau » ombragé de la petite place de l’église de Nohant. Sur scène, avec Aldo Forgette, on y retrouve bourrées, mazurka et polka mais avec une autre vivacité, toute la différence entre le groupe folklorique et la musique trad’.

Festovillage 2017
Festovillage 2017

Changement de décor ensuite dans la bergerie de Nohant avec le jeune trio Panayota : un piano, une clarinette et un violoncelle dans une vraie salle de concert. Le concert commence par le trio de Brahms, une référence pour un tel groupe, puis enchaine la sonate pour violoncelle et piano de Chopin (Nohant oblige) avant l’interprétation d’une Nocturne où on découvre un Chopin beaucoup plus apaisé qu’habituellement. La deuxième partie est consacrée à Astor Piazzolla. Ces trois très jeunes musiciens se taillent un beau succès ; ils ont de l’avenir ces jeunes là !

Festovillage 2017
Festovillage 2017

Nous quittons la bergerie pour la petite église de Nohant où Solange Dalot et Erik Fradet qui ont adapté et crée la pièce « François le Champi », nous invite à une causerie consacrée justement aux champis.

Ils nous proposent une réflexion sur l’origine de ces enfants abandonnés : la misère et les paternités non reconnues surtout ; mais nous parlerons aussi de la façon dont se pratiquait l’abandon d’enfants à l’époque, notamment avec les « tours d’abandon ». Ces tours d’abandon, situées surtout dans les hospices était un endroit où les mères pouvaient laisser anonymement leur bébé puis elles sonnaient la cloche avant de s’enfuir afin de prévenir les religieuses qu’un enfant venait d’être déposé. Ces tours d’abandon ont été légalisées par Napoléon en 1811 (pensant y trouver de futures recrues pour son armée) et des dizaines de milliers d’enfants ont ainsi été abandonnés chaque année. Les tours seront fermées en 1863.

Festovillage 2017

Pour ces enfants, la mortalité était effrayante. Le système de nourrices mis en place pour ces enfants a également suscité bien des abus.

Voilà un festival pas si bête et décontracté, comme on les aime ; merci aux Gâs du Berry.

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